top of page
Rechercher

[ Interview ] Retail, Luxe, Supply chain : quel avenir post-covid ?





Les enseignes découvrent de la pire des manières, l’importance de maîtriser leurs chaines de production. La crise sanitaire qu’on traverse c’est aussi une crise de valeur portée par les marques. 


Depuis des décennies les pratiques des départements d’achats sont restées inchangées, en effet, les principaux indicateurs de performance pris en compte par les opérationnels se basent pour la grande majorité des enseignes, sur la mesure de performances économiques. Les indicateurs de pilotage ESG ont du mal à trouver leur place dans le pilotage.  


L’annulation et le report des commandes réceptionnées pour les prochaines saisons, peut faire craindre une dégradation des valeurs fondamentales portées par les marques. Mis à part les actions mises en place actuellement pour la continuité des activités, et la gestion de la crise, Il est essentiel pour les enseignes de pouvoir se projeter et d’anticiper la reprise. Les enseignes résilientes, vont devoir aller au-delà de cette phase de reprise des activités, et d’explorer des pistes de “rémission” et voir même de transformation. 


Du fait de cette anticipation, le rôle central de représentation des dirigeants va changer et évoluer vers un rôle d’orchestration. 



Revoir les indicateurs


Depuis plus de 20 ans, les indicateurs de pilotage des directions d’achat, se sont basés principalement sur des performances externes, portées par les fournisseurs : amélioration des conditions d’achats, allongement des délais de paiement - financement des productions portées par les fournisseurs pendant plusieurs mois - et une pression contractuelle rigide sur les délais de livraison, pouvant entraîner des annulations de commandes aux frais du fournisseur. 


Le public semble surpris de ces pratiques d’achats, mettant en scène des ouvriers Bangladais à la rue du jour au lendemain, craignant contre toute attente de mourir...mais de faim ! 


La relation marque-fournisseur, semble centrale dans la mise en place de nouvelles pratiques d'achat responsable, basées sur une relation de coopération durable et pérenne pour passer d'une logique de coût à une logique de création de valeur : 


Les principaux indicateurs d’achat actuels, construits sur la performance d’indicateurs historiques - tels que le prix d’achat, le prix de revient, le taux d'entrée - devront inclure assez rapidement d'autres KPI financiers mesurant le niveau de stock, la gestion optimale du BFR, la diminution de la décote et le retour de la rupture.


A ces KPI purement financiers, d'autres serviront à mesurer la performance environnementale de l'enseigne, sa capacité à adapter son offre à une parfaite connaissance de ses clients et de son marché, en optimisant l'utilisation des outils de Data-analytic et d’analyse fine de ces dernières, ou encore par l'éco-conception de produits en amont d’une production.


En ligne de front, l’injonction de reconstituer les marges, peut s’avérer contradictoire avec les valeurs portées par les marques : durcissement des négociations avec les fournisseurs, annulations des commandes, et allongements des délais de paiement. 


Nous sommes nombreux à constater que cette crise s’avère être

un stress-test grandeur nature des engagements RSE de l’ensemble des acteurs du Retail. Le moins que l’on puisse dire aujourd’hui, est qu’il reste encore du chemin à parcourir avant de pouvoir affronter plus sereinement, une autre crise comparable à celle du COVID-19comme le souligne bien Alexandre Arshid, fondateur de JumaX Conseil.

Rappelons que l’impératif de santé, durant cette gestion de crise, est indissociable avec l’impératif environnemental du bien commun. 



Nécessité de revenir vers des circuits courts


Par ailleurs, la crise met aussi en évidence un autre impératif écologiquement vertueux : envisager les circuits courts et sécuriser les approvisionnements, en trouvant des alternatives. Un autre point à envisager sur les actions prioritaires :

“ une trop forte dépendance à la production asiatique, qui est devenue à la fois l’usine du monde, la locomotive incontestée de la croissance mondiale, et qui lorsqu’elle se grippe, stoppe des pans entiers de l’économie ajoute Alexandre Arshid.