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RSE : à quand des indicateurs plus encadrés ?

Les réflexions d’ensemble sur les facteurs de création de valeur par les entreprises, peinent à trouver une traduction valorisante sous forme d’informations extra-financières pertinentes et d’une reconnaissance dans les budgets alloués par les organisations en accord avec les intérêts des actionnaires.



Dans un contexte de rationalisation et de simplification des publications annuelles, le rapport intégré promu en 2010 par l’IIRC (International Integrated Reporting Council) — association internationale— a tenu à créer une base uniforme de reporting à travers un nouveau standard international de reporting synthétique, mêlant des données financières et extra-financières. Une manière pour les entreprises de faire valoir non seulement leurs performances financières, mais aussi Sociales, Environnementales et de Gouvernance (ESG). Cette initiative constitue un premier socle commun pour les Entreprises. Cependant, la définition des indicateurs RSE et process d’évaluation restent propre à chaque organisation et manquent de transparence au niveau des données intégrées : en effet, la qualité des données freine l’uniformisation des indicateurs et leurs comparabilités par les investisseurs.

Aussi, la question sur le calcul de la rentabilité, se pose encore :



Comment savoir si les performances sociales et environnementales améliorent à court terme la rentabilité de mon entreprise ?

Il faut souligner que contrairement à la vision financière court termiste, une démarche RSE se place dans une projection de moyen/long termes, et c’est à cet horizon qu’une performance sera mesurable.




Des indicateurs RSE difficiles à valoriser

Si les indicateurs financiers ont su s’imposer comme des normes reconnues dans les bilans d’une entreprise, c’est loin d’être le cas des indicateurs RSE qui manquent de reconnaissance dans les rapports financiers et extra-financiers .

En effet, la RSE n’étant pas un actif immatériel, la difficulté des entreprises tient à la mesure de performances en terme de création de valeur non-comptable sur du long terme, contrairement aux indicateurs financiers.

De ce fait, la valeur “RSE” n’entrant pas dans le calcul de l’EBIT, est difficilement valorisable, temps que sa création de valeur sera non-perçue financièrement.

Illustration — Indicateurs de responsabilité sociétale ESG— Analyse Sia Partners


Hors, l’une des limites d’interprétation serait de vouloir créer un lien direct entre responsabilité sociale/environnementale et création de valeur : en effet, la véritable création de valeur réside dans l’association de la RSE et des actifs immatériels de l’entreprise, un prérequis d’une croissance sur le long terme !

Coté investisseurs et actionnaires, le statut actuel freine les budgets alloués à l’application de stratégies RSE performantes. Temps que les performances ne seront pas chiffrées et que l’investissement à impact toujours comptabilisé comme un passif au sein des organisations, il sera par conséquent difficile pour les opérationnels de convaincre les directions.

Il y a trois raisons principales à ce manque de reconnaissance :

  • l’absence de mesures d’indicateurs uniformes permettant d’être reconnus par les normes comptables ANC,

  • une difficulté à calculer les gains en chiffres comptables,

  • et un manque d’appropriation des indicateurs par l’ensemble des parties-prenantes d’une organisation.



Difficulté à collecter des données d’indicateurs uniformes

S’il existe aujourd’hui des instances internationales qui tentent de cadrer les indicateurs RSE, les entreprises se heurtent à une complexité extrême du reporting extra-financier, comportant différentes règles d’évaluation pour un même sujet, une augmentation du volume des informations demandées, une multiplication des initiatives, freinant au final l’adoption de la RSE et son pilotage par les différents départements. Les principaux référentiels de durabilité utilisés :

  • les normes ISO 20400:2017 (sur les achats responsables) [7], et 26000 (sur la RSE),

  • le volumineux Global Reporting Initiative (GRI),

  • les Principes directeurs de l’OCDE précités à l’intention des entreprises multinationales,